26 février ... 23 avril: 8 semaines pour...

On peut vouloir croire les sondages... ou non.

Les sondages de ce jour nous proposent de nous arrêter sur un premier tour qui valoriserait le Front national à hauteur de 27% des voix et le mouvement En marche à 25%, largement devant les autres formations politiques, notamment Les Républicains.
La question posée est donc la suivante: que voterons-nous si le second tour de l'élection présidentielle nous offre un choix entre un mouvement d'extrême droite et un mouvement ni de gauche/ni de droite? Si intérieurement, alors même que vous lisez cet article, vous avez commencé de répondre à cette question, inutile de poursuivre votre lecture! 

 

Pourquoi? Parce que cette question ne se posera qu'à l'issue des 8 semaines qui nous séparent du premier tour du dimanche 23 avril, 8 semaines pour décider de renouer un lien de confiance entre les électeurs et l'élu présidentiel en effectuant deux choix préalables, dont nous sommes les seuls acteurs. A nous de jouer!

 

Nous avons d'abord le choix d'être des citoyens éclairés!
Sachons construire un vote de conviction en alimentant notre conscience politique. Ne nous contentons pas des analyses quotidiennes de la presse. Un sujet nous préoccupe particulièrement? Le chômage, la santé, la pauvreté...? Allons piocher dans les publications des think tanks (par exemple: http://www.ifrap.org/, http://www.institutdelors.eu, http://www.institutmontaigne.org/fr, fondationconcorde.com...). Les partis les consultent, pourquoi pas nous? L'offre politique est là bien plus que dans les programmes aux déclinaisons et valorisations incertaines. Il s'agit là d'un effort de fond destiné à honorer notre liberté de vote. Nous avons du mal à comprendre? Sachons nous regrouper pour mieux lire, mieux comprendre, mieux discuter.

 

Nous avons  ensuite le choix d'être des citoyens engagés! Il ne s'agit pas de s'encarter, il ne s'agit pas d'enflammer la rue. Il s'agit d'envoyer un signal clair au futur élu selon lequel notre demande politique ne s'achète pas au moyen d'une segmentation marketing bien comprise entre communautés que l'on divise pour mieux régner: une déclaration en faveur des uns, une déclaration en faveur d'autres! Il s'agit de réconcilier nos énergies pour mieux servir notre pays. La demande politique des français se fonde sur la valeur que chacun apporte au pays, cette valeur créée par les acteurs locaux les plus discrets: locaux politiques ou non, associations, chefs d'entreprises, artisans indépendants. Tous ceux qui construisent le bien commun sans faire de la politique un métier.

 

Pas facile de fournir ces efforts? Peut-être... Mais l'effort est récompensé par le fait que notre choix ne s'arrêtera pas au 23 avril, qu'il y aura un autre choix le dimanche 7 mai 2017... et encore deux choix les dimanches 11 et 18 juin 2017. Évitons de voter aux élections législatives dans un éternel mouvement de balancier politique qui nous ôterait toute possibilité de réformer notre pays.

 

En un mot, il est temps d'anticiper, d'être acteur de notre vote, du choix de l'élu, des comptes qu'il doit nous rendre pendant et à la fin de son mandat. Seul un contrat moral clair entre les électeurs et les élus, un contrat pendant toute la durée du mandat concerné, pourra nous permettre de faire un choix éclairé et le cas échéant d'éviter d'avoir à choisir entre un mouvement politique extrême qui ne respecte pas la République et un mouvement jusqu'à présent fondé sur le seul marketing politique.